Grâce à sa grande diversité de microclimats et d’habitats, la vallée du Madriu-Perafita-Claror possède une représentation d’une grande variété de la faune Pyrénéenne (espèces qui y vivent, qui y nidifient ou lieu de passage d’oiseaux migrateurs), avec des exemplaires particulièrement menacés, non seulement au niveau de l’environnement immédiat mais aussi de l’ensemble du continent européen.

Trois espèces de poissons ont été identifiées, cinq d’amphibiens, huit de reptiles, soixante et une d’oiseaux qui y nichent et vingt-six de mammifères. 70 % des espèces animales de l’Andorre sont identifiées sur ces 10 % du territoire national. Une donnée frappante qui souligne l’extraordinaire importance biologique de la vallée.

À continuation un bref catalogue des espèces qui peuplent la vallée :

Reptiles:

Huit espèces de reptiles ont été  identifiés dans la vallée. Les reptiles les plus abondants sont les lézards des murailles (Podarcis muralis) et les lézards hispaniques ou espagnols (Podarcis hispanica) qui se trouvent sur les rochers et sur les murs en pierre sèche. Dans les endroits plus ouverts des zones à plus faible altitude de la vallée il est également possible de rencontrer le lézard ocellé (Timón lepida). Enfin, dans d’autres zones, se trouvent la vipère Pyrénéenne (Vipera aspis) et des serpents comme la Couleuvre à collier (Natrix Natrix), le serpent jaune-vert (Hierophant viridiflavus), Coronelles lisses (Coronella autriaca) et la Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus).

Amphibiens et poissons :

La qualité des eaux de la vallée du Madriu-Perafita-Claror aide à ce qu’une grande variété d’animaux peuplent les milieux aquatiques menacés, par ailleurs, par la fragilité de leur habitat ; ainsi, les espèces que nous verrons à continuation, hormis les poissons, sont toutes inscrites dans l’annexe II à la Convention de Berne ; il s’agit donc d’espèces strictement protégées et dont l’habitat est lui aussi protégé. Il est donc, de ce fait, interdit de provoquer des dégâts ou de détruire de manière intentionnée leurs lieux de reproduction ou leurs zones de repos.

Au niveau de l’étage montagnard, à part la truite fario (Salmo trutta fario), autochtone et présente dans la plupart des rivières et des lacs, la truite arc-en-ciel (Onchorhynchus mykiss) introduite dans la rivière Gran Valira et dans l’étang d’Engolasters à la fin du siècle dernier et l’omble de fontaine, que l’on appelle aussi saumon de fontaine ou encore truite saumonée (Salvelinus fontinalis) introduite dans certaines rivières de haute montagne et dans des lacs et étangs. Dans les eaux propres des zones humides, dans des rivières et ruisseaux se trouve aussi l’euprocte des Pyrénées, ou calotriton des Pyrénées (Calotriton asper) endémisme pyrénéen menacé dans notre pays par la perte d’habitat. Ces milieux humides sont également l’habitat d’amphibiens comme la salamandre tachetée (Salamandra salamandra), le crapaud commun (Bufo spinosus), la grenouille rousse (Rana temporaria) et l’alyte accoucheur (Alytes obstetricans).

 

 

 

 

 

 

 

Oiseaux :

Parmi les animaux en danger de disparition présents en Andorre, et caractéristique de l’étage alpin, ont été identifiés le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) et l’aigle royal (Aquila chrysaetos).

Dans les anciennes forêts de l’étage alpin, surtout dans celles de pins à crochets, se trouve aussi le Grand Tétras (Tetrao urogallus), une espèce en danger d’extinction et que protège, comme les deux précédentes, le Règlement des espèces animales, du 15 décembre 2000.

Bien que non menacés, sont également caractéristiques de l’étage alpin, habitant les forêts de pin à crochets, le serin (Carduelis citrinella), et dans les prairies alpines l’alouette des champs (Alauda arvensis), le traquet motteux (Oenanthe oenanthe), le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus), le pipit spioncelle (Anthus spinoletta ssp. spinoletta), l’accenteur alpin (Prunella collaris), le merle à plastron (Turdus torquatus), la perdrix grise (Perdix perdix), la chouette hulotte (Strix aluco), l’épervier d’Europe (Accipiter nisus), le pouillot véloce (Phylloscopus collybita), la fauvette à Tête noire (Sylvia atricapilla) et la mésange bleue (Parus caeruleus).

Entre les cotes 1 200 et 2 100 m, parmi les prés de fauche et les forêts de conifères, a été identifié le grand-duc d’Europe (Bubo bubo), espèce menacée et protégée.

Les zones de la soulane d’Entremesaigües et de Ràmio et de Claror-Perafita sont des zones d’une grande valeur ornithologique, selon l’atlas des oiseaux nicheurs de l’Andorre. Y son représentés le pluvier guignard (Charadrius morinellus) une espèce à distribution concentrée et très rare dans toutes les Pyrénées, et l’autour des palombes (Accipiter gentilis).

D’autres espèces à avoir également été identifiées sont le crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), le troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), le pic épeiche (Dendrocopos major), la mésange huppée (Parus cristatus), le pouillot de Bonelli (Phylloscopus bonelli), le pigeon ramier (Columba palumbus) le lagopède alpin (Lagopus mutus), le pic noir (Drycipus martius), le tichodrome échelette (Tichodroma muraria) et le bruant hortolan (Emberiza hortulana).

Dans les zones ombragées humides, parmi les forêts de pins à crochets et de sapins, se sont formé des habitats d’espèces rares qui recherchent des zones tranquilles, comme la bécasse des bois (Scolopax rusticola), le pic noir (Dryocopus martius) et le grimpereau des bois (Certhia familiaris). Au niveau de l’étage subalpin ont été identifiés la chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) et le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra).

Dans l’étage montagnard, dans des zones humides, la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea) et le cincle plongeur (Cinclus cinclus) et dans les mouillères de l’alpin, le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros).

Mammifères :

Les espèces qui peuplent la vallée sont des exemples typiques de la faune pyrénéenne, tels que le chamois des Pyrénées, l’isard (Rupicapra pyrenauca), le mouflon (Ovis musimon), le campagnol des Pyrénées (Microtus pyrenaicus) et la marmotte (Marmota marmota), l’écureuil (Sciurus vulgaris), typique des forêts de pin sylvestre, et le sanglier (Sus scrofa).

D’autres à avoir été identifiés sont la martre (Martes martes), le furet (Mustela putorius), la belette (Mustela nivalis), le loir (Eliomys quercinus), le rat d’eau ou campagnol amphibie (Arvicola sapidus) et l’hermine (Mustela erminea). Grâce au projet FELIS (convention entre l’Association Philanthropique BOMOSA et le Gouvernement d’Andorre), en 2011, fut établie la présence du chat sauvage (Felis silvestris), une espèce en danger de disparition selon le Règlement des espèces animales protégées d’Andorre, cataloguée dans l’Annexe II à la Convention de Berne et figurant à l’Annexe IV de la Directive 92/43/CEE comme espèce animale d’intérêt communautaire exigeant une stricte protection.

Invertébrés :

La vallée possède également une grande richesse d’invertébrés, parmi lesquels plus de 72 espèces de papillons (dont certains figurant dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), une grande variété d’insectes, invertébrés aquatiques, faune du sol ou fourmis (66% des espèces censées dans les Pyrénées sont présentes dans la vallée).

La vallée du Madriu-Perafita-Claror fait partie du projet de surveillance des populations de papillons Butterfly Monitoring Scheme d’Andorra (BMSAnd).